AMBM, Fonds Benenati (Photographie) / Traitement numérique © Saluzzo, Cesare (d’après cliché anonyme, ca. 1910)

AMBM, Fonds Benenati (Photographie) / Traitement numérique © Saluzzo, Cesare (d’après cliché anonyme, ca. 1910)

Maurice Lambot naît le 12 décembre 1900 à Aibes, dans le Nord, au sein d’une famille implantée dans une région frontalière, à proximité de la Belgique. Son père, Émile Victor Lambot, d’origine belge, est successivement marchand, brasseur, puis cultivateur patron à la tête d’une exploitation agricole, la ferme de Colmy, dotée d’un moulin et d’une brasserie. Il accède ensuite à des fonctions de direction dans l’industrie. Sa mère, Léa Ernestine Scottez, est issue d’un milieu de propriétaires du Hainaut français.

Troisième d’une fratrie de quatre garçons, Maurice grandit aux côtés d’Émile, né en 1894, engagé volontaire dans l’artillerie dès 1914, brigadier blessé et mort « pour la France » à Besançon en 1916 ; de Paul, né en 1895, décoré de la Croix de guerre en 1916 pour son sang-froid et son courage, puis affecté en 1939 à la Défense aérienne du territoire dans l’unité d’artillerie de Dunkerque ; et de René, né en 1902, qui deviendra, entre les deux guerres, administrateur des ventes au sein de l’entreprise Luterma-Français.

Cette photographie, prise vers 1910, le montre vêtu avec soin lors de sa communion : costume sombre, missel à la main, gants blancs, bottines lacées, pantalon bouffant, brassard et canotier. Le décor est typique des familles possédantes, avec une tapisserie fleurie en arrière-plan et un fauteuil tapissé. C’est dans ce contexte familial, entre traditions religieuses, engagement militaire et esprit d’entreprise, que Maurice construit son propre rapport au devoir et au patriotisme.